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Modèles 3DModèle 3D n° 01Mateus, Vila Real41,2968° N · 7,7124° O

Casa de Mateus

Palácio de Mateus, Vila Real · Monument national depuis 1910

Élévation ouest de la maison et de la chapelle. Projection orthographique du nuage de points, sans perspective : chaque pixel est le point mesuré le plus proche.
Fig. 01

Élévation ouest de la maison et de la chapelle. Projection orthographique du nuage de points, sans perspective : chaque pixel est le point mesuré le plus proche.

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La façade de la Casa de Mateus figure sur une étiquette de vin depuis 1942 et elle est connue bien au-delà du Douro. Pourtant, rien ne documente qui a dessiné la maison, la date de son achèvement change d’une source à l’autre, et nous n’avons trouvé aucun relevé tridimensionnel publié de l’ensemble28.

Cette page réunit deux couches. La première est ce que disent de la maison les registres et la bibliographie, sources à l’appui et divergences écrites en toutes lettres. La seconde est ce que notre relevé a mesuré, et les dessins qu’on en tire directement, sans redessin.

01

Le relevé

Entre octobre 2025 et mars 2026, la maison, la chapelle, le chai et la cour ont été relevés au scanner laser terrestre et par photogrammétrie. Le nuage de points provient de 439 stations, recalées en PT-TM06/ETRS89 (EPSG:3763) et réduites à une grille de 1,5 cm, soit 150 millions de points. Sur cette base, trois bâtiments ont été modélisés en IFC4 (maison, chapelle et chai), avec une maquette de 89 espaces, tous géoréférencés par IfcMapConversion. Une campagne photographique du 19 mars 2026 (1 998 images) a servi la photogrammétrie de détail ; parmi ses produits figure le maillage texturé de la chapelle et de son retable majeur28.

89stations en couleursur 439 · octobre 2025
3 + 1maquettes IFC4maison, chapelle, chai + espaces
1 998photographiescampagne du 19.03.2026
2,17 Mpoints dans l’échantillon de cette pageun par cube de 15 cm
Dans les maquettes IFC4
murs1 465
fenêtres182
portes238
colonnes522
poutres et solives7 310
jeux de propriétés24 287
espaces dans la maquette des zones89
Mesuré dans le nuage
Emprise de la maison, corniches comprisesenv. 60 × 33 m
Façade principale orientée àouest-nord-ouest (azimut env. 295°)
Cote de la cour ouest492,75 m
Cote de la cour d’honneur493,37 m
Cote de la cour intérieure493,61 m
Étage noble au-dessus du rez-de-chaussée3,15 m IFC
Sommet de l’aile centrale au-dessus de la courenv. 17 m
Croix de la chapelle au-dessus de la courenv. 24 m

Cotes dans le référentiel du relevé ; rez-de-chaussée à 493,55 m (IfcMapConversion).

Le relevé a des limites, et certaines se voient dans les dessins de cette page :

  1. Les toitures manquent en grande partie. Un scanner posé au sol et dans les cours ne voit pas le versant supérieur des toits ; si le plan de masse montre des plafonds au lieu de tuiles, c’est pour cette raison.
  2. Seules 89 des 439 stations ont enregistré la couleur. Les points des autres sont en niveaux de gris, dérivés de l’intensité du retour, et dans les coupes les deux apparaissent côte à côte.
  3. La maison était ouverte au public pendant la campagne. Des visiteurs en mouvement sont restés dans le nuage sous forme de silhouettes translucides, surtout près des escaliers.
  4. Le modèle ci-dessous est un échantillon : un point par cube de 15 cm sur les bâtiments et de 25 cm sur le sol alentour, sans les houppiers des arbres, soit 2,17 millions de points. Le relevé complet en compte 150 millions et se trouve dans la visionneuse HBIM, avec les maquettes IFC.
2 170 929 points · 21,7 Mo · WebGL2. S’affiche au fil du téléchargement.
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02

Dessins tirés du nuage

Les quatre dessins qui suivent n’ont pas été dessinés. Ce sont des projections orthographiques du nuage, calculées point par point à partir de 38 à 118 millions de points chacune, sans perspective et sans retouche. Le relief vient d’un ombrage par la profondeur (eye-dome lighting) ; la couleur est celle qu’a enregistrée le scanner. Là où le dessin coupe, les points situés à moins de 12 à 14 cm du plan sont en rouge, et ce qui se trouve au-delà de la coupe s’estompe, comme sur une feuille de relevé.

Il faut dire aussi ce qu’ils ne sont pas : il n’y a ici ni interprétation de dessinateur, ni fermeture de traits, ni choix entre ce qui est mur et ce qui est meuble. Une armoire contre un mur se lit comme un mur. Autrement dit, ce sont des documents de mesure, et c’est là leur utilité : ce qu’ils montrent existe.

Plan de masse, vu d’en haut. Au centre la maison ; à l’angle nord-est la chapelle ; au nord, de l’autre côté de la cour, le chai ; à l’est, le parterre de buis. Le rectangle vide à l’ouest est le miroir d’eau : l’eau ne renvoie pas de points.
Fig. 02

Plan de masse, vu d’en haut. Au centre la maison ; à l’angle nord-est la chapelle ; au nord, de l’autre côté de la cour, le chai ; à l’est, le parterre de buis. Le rectangle vide à l’ouest est le miroir d’eau : l’eau ne renvoie pas de points.

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Coupe longitudinale selon l’axe de la maison, regard vers le nord. De gauche à droite : la cour d’honneur (au fond, l’aile nord), l’aile centrale avec le passage du rez-de-chaussée et le vestibule de l’étage noble, la cour intérieure et l’aile est. En rouge, ce que le plan de coupe traverse.
Fig. 03

Coupe longitudinale selon l’axe de la maison, regard vers le nord. De gauche à droite : la cour d’honneur (au fond, l’aile nord), l’aile centrale avec le passage du rez-de-chaussée et le vestibule de l’étage noble, la cour intérieure et l’aile est. En rouge, ce que le plan de coupe traverse.

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Plan de l’étage noble, coupé à 1,30 m au-dessus du sol. En rouge, les murs coupés ; leur épaisseur est déduite, c’est l’espace sans points entre les deux faces mesurées. L’enfilade des salles se lit dans la suite de baies alignées.
Fig. 04

Plan de l’étage noble, coupé à 1,30 m au-dessus du sol. En rouge, les murs coupés ; leur épaisseur est déduite, c’est l’espace sans points entre les deux faces mesurées. L’enfilade des salles se lit dans la suite de baies alignées.

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Plan de plafond réfléchi de l’étage noble : les plafonds de bois, en gorge, octogonaux et à caissons, vus d’en dessous et rabattus sur le plan. Au centre, la fausse voûte d’arêtes du vestibule.
Fig. 05

Plan de plafond réfléchi de l’étage noble : les plafonds de bois, en gorge, octogonaux et à caissons, vus d’en dessous et rabattus sur le plan. Au centre, la fausse voûte d’arêtes du vestibule.

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03

La maison

Le plan est en U, avec une aile transversale qui partage l’espace entre les ailes en deux cours : à l’ouest, la cour d’honneur, ouverte sur l’esplanade ; à l’est, une cour intérieure de service. Le SIPA qualifie le plan de «pouco comum» (peu commun) et relève la solution de la cour d’honneur : un muret de pierre surmonté d’une balustrade la ferme sans la fermer, un compromis entre U ouvert et U fermé qui ne coupe pas la façade principale1. Mesurée dans le nuage, la maison occupe environ 60 sur 33 mètres, et la façade principale n’est pas exactement tournée à l’ouest, mais à l’ouest-nord-ouest, selon un azimut d’environ 295 degrés.

Les façades comptent deux niveaux, enduits et blanchis à la chaux, avec des chaînes d’angle en pilastre et des encadrements de granit aux frises, corniches et baies. La hauteur qui manque à la maison lui vient des hauts pinacles galbés, dans l’alignement des pilastres, et des cheminées1. L’aile centrale de la façade principale porte le décor : un dosseret aux armes écartelées (Álvares, Mourão et Botelho), une balustrade ondulante qui suit les corniches cintrées, deux figures allégoriques et un escalier à deux rampes qui monte au portail de l’étage noble1.

Aile centrale de la façade principale : le dosseret aux armes (Álvares, Mourão et Botelho), la balustrade ondulante et le portail de l’étage noble. Orthophotographie du relevé.
Fig. 06

Aile centrale de la façade principale : le dosseret aux armes (Álvares, Mourão et Botelho), la balustrade ondulante et le portail de l’étage noble. Orthophotographie du relevé.

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La balustrade qui ferme la cour d’honneur, avec des urnes sur acrotères ; au fond, l’aile centrale.
La balustrade qui ferme la cour d’honneur, avec des urnes sur acrotères ; au fond, l’aile centrale.Fig. 07 · Photographie XYZ BIM, 19.03.2026
Cour intérieure : escalier à deux rampes et palier commun, accès direct à l’étage noble.
Cour intérieure : escalier à deux rampes et palier commun, accès direct à l’étage noble.Fig. 08 · Photographie XYZ BIM, 19.03.2026

La maison est aussi un diagramme social. Le rez-de-chaussée était entièrement voué au service (greniers, écuries, chais, chambres des domestiques, cuisine) et ne communique avec l’étage noble que par un escalier étroit près de la cuisine ; les escaliers des cours montent par l’extérieur1. À l’étage noble, les salles s’ouvrent les unes sur les autres par des portes alignées, et de la première à la dernière on voit le paysage. Le plan que D. José Maria dessina à la fin du XVIIIe siècle situe encore le chartrier près de la salle à manger et le salon de passage vers la tribune de la chapelle ; le 3e comte de Vila Real redistribua ensuite les chambres des ailes nord et est1.

Rez-de-chaussée : les mangeoires de pierre des anciennes écuries.
Rez-de-chaussée : les mangeoires de pierre des anciennes écuries.Fig. 09 · Photographie XYZ BIM, 19.03.2026
Façade nord, avec le balcon de pierre sur quatre colonnes toscanes.
Façade nord, avec le balcon de pierre sur quatre colonnes toscanes.Fig. 10 · Photographie XYZ BIM, 19.03.2026
Façade sud, orthophotographie du relevé (janvier 2026). Douze fenêtres à balcon sous fronton triangulaire et, dans la travée centrale, deux sous fronton cintré à coquille.
Fig. 11

Façade sud, orthophotographie du relevé (janvier 2026). Douze fenêtres à balcon sous fronton triangulaire et, dans la travée centrale, deux sous fronton cintré à coquille.

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Du point de vue constructif, c’est une maison à murs porteurs en maçonnerie de moellons à deux parements, avec un remplissage de terre et de gravier, des plafonds de châtaignier, des planchers de pin et une charpente de bois couverte de tuiles1. C’est ce mur à deux parements qui s’est déformé avec le temps : en 2000, on a mesuré faux-aplombs et fissures, et en 2001 et 2002 la DGEMN a relié les parements par des ancrages scellés et armé l’enduit des façades1,20. Le nuage de 2025 est donc aussi un état de référence pour mesurer ce qui arrivera désormais.

04

L’auteur : une attribution, pas un document

Aucun document connu ne nomme l’auteur du dessin de la Casa de Mateus. Le nom de Nicolau Nasoni (1691–1773), architecte italien né en Toscane et établi à Porto en 1725, entre par l’argument stylistique et circonstanciel :

  • Robert C. Smith (1966) lui a attribué le projet pour des raisons de style ; selon le Património Cultural, il limitait la part de Nasoni à la conception, avec une exécution qui s’écarte des dessins13,3.
  • Le SIPA situe l’intervention entre 1739 et 1743, période à laquelle elle est «geralmente» (généralement) attribuée, classe Nasoni comme architecte «atribuído» (attribué) et compare l’aile centrale au Palácio do Freixo et à l’église des Clérigos1.
  • Le Património Cultural ajoute la circonstance : Nasoni est documenté en 1739 à l’église Santa Eulália da Cumieira, du même majorat, à un moment où l’on ignore ce qu’il faisait avant de revenir à Porto. Il signale aussi que, plus récemment, on a associé à la maison le nom d’António Pereira, architecte de Porto qui aurait travaillé avec Nasoni3,14.
  • La Fondation de la Casa de Mateus présente Nasoni comme l’auteur5.

Par conséquent, la formulation qui nous semble juste est celle du SIPA lui-même : attribuée à Nasoni, non documentée. Pour la chapelle, l’exécution est plus sûre, par le maître maçon José Álvares do Rego, mais pas le dessin1,6.

05

La chapelle

La chapelle Nossa Senhora dos Prazeres se dresse au nord de la maison, isolée, reliée à l’étage noble par une passerelle sur arc. Elle a remplacé une chapelle plus ancienne, exiguë et adossée à la maison, dont elle a réemployé le plafond à caissons peints de la sacristie et le retable, tous deux maniéristes1. L’inscription de la façade, «D. LUD. A. SOUSA AUGM. PERF. ET CORONAT. 1750», donne l’année et le nom de D. Luís António ; la Fondation date l’inauguration de 17591,6.

La façade paraît plus haute qu’elle ne l’est : elle a la hauteur d’égout de la maison, mais le couronnement en table au fronton à ressauts, les baies dans l’axe et les armes l’élancent1. Mesurée dans le nuage, la croix se trouve à environ 24 mètres au-dessus de l’esplanade ouest. Derrière, le clocher dans l’axe, peu courant dans le district, que le SIPA rattache à l’«Escola de Braga» (école de Braga). À l’intérieur, la nef est couverte d’une coupole à lanternon, et le retable majeur est sculpté et peint en faux marbre. Sont inhumés dans la chapelle D. Luís António, D. José Maria, transféré du Père-Lachaise en 1965, le 3e comte de Vila Real, le fondateur de la Fondation et son fils6,1.

La chapelle vue du jardin, avec le clocher dans l’axe.
La chapelle vue du jardin, avec le clocher dans l’axe.Fig. 12 · Photographie XYZ BIM, 19.03.2026
Intérieur de la chapelle : fenêtre de la nef à encadrement chantourné et rocaille.
Intérieur de la chapelle : fenêtre de la nef à encadrement chantourné et rocaille.Fig. 13 · Photographie XYZ BIM, 19.03.2026
Retable majeur de la chapelle : tribune avec trône eucharistique à gradins et gloire, bois doré et faux marbres peints.
Retable majeur de la chapelle : tribune avec trône eucharistique à gradins et gloire, bois doré et faux marbres peints.Fig. 14 · Photographie XYZ BIM, 19.03.2026
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Jardins et eau

Les jardins que l’on voit aujourd’hui datent pour l’essentiel du XXe siècle, mais ils suivent l’axe que leur donne la maison : la suite des portails de l’aile centrale se prolonge vers l’est par le parterre, par le tunnel taillé au-dessus de l’escalier et par une treille sur piliers de granit en forme d’obélisques, que le SIPA considère comme peut-être les seuls vestiges du jardin primitif2.

La tradition attribue le premier jardin à l’archidiacre Diogo Álvares Botelho Mourão, frère du bâtisseur1,8. Dans les années 1930, la comtesse de Mangualde refit le parterre de buis à l’est, sur un dessin de Gomes de Amorim ; en 1948 on planta le tunnel au-dessus de l’escalier est, António Lino dessina les trois bassins du jardin d’eau et Paulo Bensliman les parterres de buis au sud ; en 1960 Gonçalo Ribeiro Telles fit le premier projet pour le domaine, d’où est sorti le grand bassin devant la façade principale1,2. C’est ce miroir d’eau, au dessin néobaroque et bordé à l’intérieur d’un talus gazonné, qui donne à la façade une grandeur qu’un parterre ne lui donnerait pas, comme le note le SIPA2. Dans le nuage, le bassin est un rectangle vide : l’eau ne renvoie pas le laser.

Deux remarques de nomenclature. La Fondation appelle cèdres mexicains les plus de quatre-vingts arbres du tunnel, ce qui renvoie au cyprès du Mexique (Cupressus lusitanica) ; le SIPA parle de cyprès taillés8,2. Et la figure féminine allongée dans le bassin depuis 1981 est de João Cutileiro, bien que le SIPA écrive José8,1.

07

Chronologie

Des dates avec leurs sources. Lorsque les sources divergent, l’entrée le dit et renvoie à la section ci-dessous.

  1. 1488

    8 novembre : date du plus ancien document des archives de la maison.1

  2. 1641

    5 décembre : António Álvares Coelho institue le majorat (morgado) de Mateus, attaché à la chapelle Nossa Senhora dos Prazeres du domaine.1,6

  3. XVIIe s.

    Une première maison occupe l’emplacement du palais, sa façade tournée vers un chemin public. Le Dr Cristóvão Álvares Coelho y meurt en 1619.1

  4. 1721

    António José Botelho Mourão, 3e titulaire du majorat, épouse D. Joana Maria de Sousa Mascarenhas. C’est lui qui bâtit la maison actuelle ; elle se plaindra plus tard de l’épuisement financier causé par les travaux.1,3

  5. 1739–1743

    Période à laquelle le SIPA attribue l’intervention de Nicolau Nasoni. En 1739, Nasoni est documenté à l’église Santa Eulália da Cumieira, du même majorat.1,3

  6. 1743

    Novembre : le procureur général de l’archevêché de Braga écrit qu’António José «teve coração para demolir um palácio para edificar outro melhor» (a eu le cœur d’abattre un palais pour en bâtir un meilleur). Le chantier est avancé ; la même année, on demande l’autorisation d’une chapelle neuve.1,6

  7. 1744

    La Fondation de la Casa de Mateus donne la maison pour achevée. Aucune source publiée à notre connaissance ne le documente ; le Património Cultural ne sait pas avec certitude quand le chantier a commencé.5,3

  8. 1750

    Inscription sur la façade de la chapelle : «D. LUD. A. SOUSA AUGM. PERF. ET CORONAT. 1750», qui se lit : D. Luís António de Sousa a agrandi, achevé et couronné. Maître maçon : José Álvares do Rego.1

  9. 1759

    Inauguration de la nouvelle chapelle, selon la Fondation.6

  10. 1765–1775

    D. Luís António de Sousa Botelho Mourão, 4e titulaire, gouverne la capitainerie de São Paulo. À Mateus, D. Leonor de Portugal administre la maison et fait le système d’eau, avec le bassin à l’obélisque.1,21

  11. 1817

    À Paris, D. José Maria de Sousa Botelho, 5e titulaire, publie Les Lusiades chez Firmin Didot, avec des gravures d’après François Gérard, Évariste Fragonard et Alexandre Desenne.7,1

  12. 1823

    Son fils, D. José Luís, reçoit le titre de comte de Vila Real.1

  13. 1850–1900

    Le 3e comte de Vila Real redistribue les pièces de l’étage noble, ouvre des cheminées, agrandit le chai et fait planter en 1871 le grand Cedrus deodara près de la cour.1

  14. 1910

    Décret du 16 juin (Diário do Governo n° 136, 23 juin) : le palais est classé Monument national.3,1

  15. 1930–1946

    La comtesse de Mangualde refait le jardin est, sur un dessin de Gomes de Amorim.1,2

  16. 1942

    Lancement du Mateus Rosé de Sogrape, avec des raisins du domaine et la maison sur l’étiquette.11,25

  17. 1948

    Tunnel de cèdres au-dessus de l’escalier est ; bassins du jardin d’eau par António Lino ; parterres de buis par Paulo Bensliman.1

  18. 1960–1963

    Gonçalo Ribeiro Telles dessine le grand bassin devant la façade principale ; le SIPA le donne achevé en 1963.1,2

  19. 1965

    15 août : la dépouille de D. José Maria est transférée du Père-Lachaise à la chapelle.1

  20. 1970

    3 décembre : D. Francisco de Sousa Botelho de Albuquerque institue la Fondation de la Casa de Mateus et lui donne l’ensemble, avec archives, bibliothèque et collections.9

  21. 1981

    Une figure féminine allongée en marbre, de João Cutileiro, est posée dans le miroir d’eau.8,1

  22. 1990

    Gustav Leonhardt inaugure l’orgue de la chapelle. Les Rencontres internationales de musique de la Casa de Mateus existaient depuis la fin des années 1970.1

  23. 2001–2002

    Après des déformations mesurées en 2000, la DGEMN renforce la structure : ancrages scellés reliant les deux parements des murs, enduit armé sur les façades, nouvelle toiture sur le grand salon.1,20

  24. 2025–2026

    Relevé XYZ BIM : 439 stations de scanner laser (octobre 2025), campagne photographique pour la photogrammétrie (mars 2026), trois maquettes IFC4 et une maquette des espaces (juillet 2026).28

08

Titulaires, comtes et une fondation

Selon la Fondation, la maison a été habitée par douze générations de la même famille jusqu’en 19705. Les archives conservent des documents depuis 1488, classés par administrateurs successifs de la maison1,22 ; la bibliothèque compte plus de six mille titres7.

NomDatesRôle dans la maison
António Álvares Coelhoinstitue le majorat (1641)
António José Botelho Mourão3e titulaire ; bâtit la maison actuelle
Diogo Álvares Botelho Mourão1673–1744archidiacre de Labruje ; la tradition lui attribue le premier jardin ; réunit à Rome les reliques de la chapelle
D. Luís António de Sousa Botelho Mourão1722–17984e titulaire ; gouverneur de la capitainerie de São Paulo (1765–1775) ; le nom de l’inscription de 1750
D. Leonor Ana Luísa Josefa de Portugal1722–1806administre Mateus dans les années 1760
D. José Maria de Sousa Botelho Mourão e Vasconcelos1758–18255e titulaire ; diplomate ; éditeur des Lusiades (Paris, 1817)
D. José Luís de Sousa Botelho Mourão e Vasconcelos1785–18551er comte de Vila Real (1823)
D. Maria Teresa de Souto Botelho e Melocomtesse de Mangualde ; jardin est (années 1930)
D. Francisco de Sousa Botelho de Albuquerque1909–1973institue la Fondation de la Casa de Mateus (1970)
D. Fernando de Sousa Botelho de Albuquerque1941–2022dirige la Fondation de 1973 à 2022

La pièce la plus connue de la bibliothèque est l’édition des Lusiades que D. José Maria fit imprimer à Paris en 1817 chez Firmin Didot. Diplomate en Suède, au Danemark, en France et en Russie, il la prépara pendant quatre ans et en offrit lui-même les exemplaires. La Fondation parle d’un exemplaire sur vélin et de deux cent dix autres ; le SIPA d’un sur vélin et de dix sur papier7,1. La maison conserve aussi des documents, des épreuves et des planches de l’édition.

Depuis 1970, la maison appartient à une fondation privée reconnue d’utilité publique en 1971, qui gère le musée, les jardins, un chai en activité et un programme culturel : les Rencontres internationales de musique, commencées à la fin des années 1970 sous la direction de Gustav et Marie Leonhardt, le prix D. Diniz depuis 1980, un séminaire de traduction de poésie depuis 1990 et des résidences d’artistes10,23. En 2023, le musée et le parc ont reçu 111 131 visiteurs12.

09

L’étiquette

En 1942, Sogrape, la société de Fernando van Zeller Guedes, lança un rosé portant le nom du domaine et un dessin de la maison sur l’étiquette11,25. La Fondation indique que D. Francisco de Sousa Botelho de Albuquerque a participé à sa création ; la marque l’attribue à Guedes seul11,24.

On raconte, et on le répète souvent, que le propriétaire se vit proposer une somme par bouteille et préféra un paiement unique. Il en existe au moins trois versions publiées, avec des chiffres différents (une prime de 30 ou de 40 pour cent sur les raisins du domaine), toutes dues à des chroniqueurs du vin et aucune appuyée sur un document25,26,27. Nous la consignons pour ce qu’elle est : une histoire, non un fait.

10

Travaux et consolidations

Le SIPA enregistre 29 interventions entre 1949 et 2003. Le graphique les compte par décennie et par maître d’ouvrage : la municipalité de Vila Real, la Direction générale des bâtiments et monuments nationaux (DGEMN) et la Fondation elle-même1.

Interventions enregistrées dans le SIPA, par décennie
1940s · Municipalité: 111940s1950s · Municipalité: 11950s · DGEMN: 231950s1960s · DGEMN: 771960s1970s · DGEMN: 331970s1980s · DGEMN: 51980s · Fondation: 271980s1990s · Fondation: 551990s2000s · DGEMN: 22000s · Fondation: 132000s
MunicipalitéDGEMNFondation

On voit un changement de main. Jusqu’à la fin des années 1980, c’est la DGEMN qui traite les termites, les vrillettes, les toitures et une corniche tombée en 1979 ; à partir de 1985, c’est surtout la Fondation, dans le cadre de protocoles avec le Secrétariat d’État à la culture, qui restaure les magasins, l’ancienne cuisine, le moulin à huile et la distillerie pour en faire des résidences d’artistes. La consolidation structurelle de 2001 et 2002 revient à la DGEMN, après l’étude des désordres du LNEC en 19961,19.

11

Ce que les sources ne tranchent pas

Neuf points sur lesquels les sources consultées ne concordent pas, ou pour lesquels l’affirmation courante n’a pas de document :

  1. L’auteur. Nicolau Nasoni est une attribution stylistique (Smith, 1966 ; SIPA) ; le Património Cultural mentionne aussi António Pereira ; la Fondation tient Nasoni pour certain13,1,3,5.
  2. L’achèvement de la maison. En novembre 1743, le chantier était avancé ; la Fondation le donne pour achevé en 1744 ; le Património Cultural ignore quand il a commencé1,5,3.
  3. La chapelle. L’inscription dit 1750, la Fondation date l’inauguration de 1759 ; la demande d’autorisation de 1743 est d’António José selon la Fondation et de D. Luís António selon le SIPA1,6.
  4. Les Lusiades de 1817. Un exemplaire sur vélin et 210 sur papier (Fondation) ou un et 10 (SIPA)7,1.
  5. Le sculpteur du bassin. João Cutileiro (Fondation) ; le SIPA écrit José Cutileiro, qui fut diplomate et écrivain8,1.
  6. Le bassin. Construit dans les années 1950 (Fondation) ou achevé en 1963 (SIPA)8,1.
  7. La Fondation. Instituée le 3 décembre 1970 (Fondation) ; le Património Cultural écrit 1971, année de sa reconnaissance d’utilité publique9,3,10.
  8. L’étiquette. Le paiement unique au lieu d’un pourcentage est une histoire sans document publié25,26,27.
  9. L’étendue du classement. Le décret de 1910 classe le palais ; la notice des jardins les dit seulement en partie dans la zone de protection, et nous n’avons pas trouvé le texte du décret pour savoir s’il nomme la chapelle et les jardins3,2.
12

Dans les registres

La Casa de Mateus est Monument national depuis le décret du 16 juin 1910 et se trouve dans la zone de protection du Haut-Douro viticole, inscrit au patrimoine mondial, mais pas dans le bien inscrit lui-même3,4. Le SIPA lui consacre deux notices, le palais (IPA.00005990) et les jardins (IPA.00007011) ; le Património Cultural la notice 71128.

Dans la comparaison des registres du Portugal, de la France et de l’Espagne, nous mesurons ce que contient chaque notice. Celle du palais est parmi les plus complètes du SIPA : sur les 860 notices de Monument national, sa description est la 47e plus longue et sa liste d’interventions la 51e.

La notice SIPA du palais face à la médiane des 860 notices de Monument national

description (caractères)10 912 · médiane MN 1 594
47e sur 860
entrées de chronologie51 · médiane MN 12
102e sur 860
interventions29 · médiane MN 4
51e sur 860
titres de bibliographie12 · médiane MN 8
256e sur 860
images34 · médiane MN 13
76e sur 860
13

Sources

  1. 1
    SIPA, «Palácio de Mateus», IPA.00005990 (Isabel Sereno 1994, Paula Noé 2006). Direção-Geral do Património Cultural / IHRU. web.archive.org ↗
  2. 2
    SIPA, «Jardins do Solar de Mateus», IPA.00007011 (Paula Simões 1999, Paula Noé 2006). web.archive.org ↗
  3. 3
    Património Cultural, I.P., «Palácio de Mateus», ficha 71128, nota histórico-artística de Rosário Carvalho. imovel.patrimoniocultural.gov.pt ↗
  4. 4
    Património Cultural, I.P., «Alto Douro Vinhateiro», ficha 8983641 (Aviso n.º 15170/2010; Portaria n.º 122/2024). imovel.patrimoniocultural.gov.pt ↗
  5. 5
    Fundação da Casa de Mateus, «A Casa de Mateus». casademateus.pt ↗
  6. 6
    Fundação da Casa de Mateus, «Visita virtual: Capela». casademateus.pt ↗
  7. 7
    Fundação da Casa de Mateus, «Visita virtual: Biblioteca». casademateus.pt ↗
  8. 8
    Fundação da Casa de Mateus, «Visita virtual: Jardins». casademateus.pt ↗
  9. 9
    Fundação da Casa de Mateus, «D. Francisco de Sousa Botelho de Albuquerque, 50 anos da morte do instituidor». casademateus.pt ↗
  10. 10
    Fundação da Casa de Mateus, «History of the Foundation». casademateus.pt ↗
  11. 11
    Fundação da Casa de Mateus, «FAQs». casademateus.pt ↗
  12. 12
    Fundação da Casa de Mateus, «A Fundação da Casa de Mateus em 2023». casademateus.pt ↗
  13. 13
    SMITH, Robert C., Nicolau Nasoni, arquitecto do Porto, Lisboa, Livros Horizonte, 1966.
  14. 14
    ALVES, Joaquim Jaime B. Ferreira, «António Pereira: arquitecto do Palácio de São João Novo», Boletim Cultural, 2.ª série, vol. 7/8, Porto, 1990, pp. 241-249.
  15. 15
    BURY, John, «Late Baroque and Rococo in North Portugal», Journal of the Society of Architectural Historians, vol. 15, n.º 3, 1956. online.ucpress.edu ↗
  16. 16
    CARITA, Helder; HOMEM CARDOSO, António, Tratado da Grandeza dos Jardins em Portugal, Lisboa, 1990, pp. 251-274.
  17. 17
    MATOS, Armando de, A Casa de Mateus, Vila Nova de Gaia, 1930.
  18. 18
    MOURA, Vasco Graça; SAPIEHA, Nicolas, Figuras em Mateus, 2002.
  19. 19
    LABORATÓRIO NACIONAL DE ENGENHARIA CIVIL, Palácio de Mateus em Vila Real. Análise de anomalias e contribuição para um estudo de conservação e consolidação, Lisboa, 1996.
  20. 20
    DGEMN, Palácio de Mateus. Vila Real. Obras de reforço e de consolidação estrutural 2001/2002, s.d.
  21. 21
    BELLOTTO, Heloísa Liberalli, Autoridade e conflito no Brasil colonial: o governo do Morgado de Mateus em São Paulo (1765-1775), São Paulo, 1979.
  22. 22
    SILVA, Armando Malheiro da; RODRIGUES, Abel, «La Casa de Mateus et l’application du modèle systémique et intégratif de l’information», in Les archives familiales dans l’Occident médiéval et moderne, Madrid, Casa de Velázquez, 2021, pp. 77-86. doi.org ↗
  23. 23
    SUMMERLY, Jeremy, «Encontros de Música da Casa de Mateus», Early Music, vol. XXVI, n.º 1, 1998, pp. 169-171. doi.org ↗
  24. 24
    Mateus Rosé (Sogrape), «Our story». mateusrose.us ↗
  25. 25
    HOOKE, Huon, «The inventor of Mateus Rosé», The Real Review, 20.08.2020. therealreview.com ↗
  26. 26
    MAYSON, Richard, «Portugal life at the top: Mateus Rosé», Decanter, 01.02.2000. decanter.com ↗
  27. 27
    CLARKE, Oz, The History of Wine in 100 Bottles, London, Pavilion, 2015; via J. Temple, IWFS, 18.11.2016. blog.iwfs.org ↗
  28. 28
    XYZ BIM, levantamento da Casa de Mateus: nuvem de pontos (439 estações, EPSG:3763), modelos IFC4 (22.07.2026), ortofotografias e peças desenhadas (15.01.2026). hbim.xyzbim.eu ↗

La maison s’est toujours faite par couches : une maison du XVIIe siècle abattue pour une meilleure, une chapelle qui en remplaça une autre, des chambres redistribuées au XIXe siècle, des jardins refaits au XXe, des murs recousus au XXIe. Un relevé ne fait pas exception. Il ne tranche ni l’auteur ni les dates, mais il fixe l’état de la maison en 2025 avec une précision qu’aucune des couches précédentes n’a laissée, et le rend consultable pour ceux qui viendront ensuite.

XYZ BIM · Publié · 2026-09-23